Qui sommes-nous?

Historique

Deux femmes, une œuvre.

Voilà une fondation qui est l’œuvre de deux femmes, Jeanne et Stéphanie, sa mère. Stéphanie Cottin était une fille de la bonne bourgeoisie normande de Mortagne-au-Perche, dans l’Orne. Elle épouse, le 8 mai 1855, le jeune magistrat Charles Victor Bigard, substitut au tribunal, à qui une belle carrière semblait promise. Jeanne naît le 2 décembre 1859. Le 2 janvier 1878, Charles meurt subitement. C’est à partir de ce drame que la mère et la fille commencèrent à travailler pour la mission.

Elles avaient sans doute eu l’occasion de lire les "Lettres édifiantes", publiées par la Propagation de la foi.. Elles décidèrent d’agir de leur propre initiative et d’entrer en contact épistolaire direct avec les missionnaires afin de mieux les connaître et de s’informer sur leurs difficultés et leurs besoins. Le 1er juin 1889, le Vicaire apostolique de Nagasaki, Mgr Cousin, écrit aux Dames Bigard. Il leur fait part d’un projet bien plus ample qu’une simple aide à quelque mission locale. A cet évêque, il faut un séminaire pour former un clergé japonais. Mais bien entendu, il n’a pas le premier sou ! En répondant à l’appel du Vicaire apostolique de Nagasaki, en découvrant que cet appel allait l’entraîner vers l’universel, Jeanne Bigard donnerait enfin un sens à son existence. Elle aurait une "vocation" : elle serait mère d’un nombre incalculable de prêtres.

En 1886, 27 évêques de France avaient déjà approuvé "l’Association de Saint- Pierre". Jusqu’aux toutes premières années du XXème siècle, approbations et bénédictions se multiplient. Infatigables, les deux femmes parcourent la France. Elles vont voir les supérieurs de congrégations missionnaires, et sonnent aux portes de tous les évêchés. Elles aident les évêques à voir au-delà des limites de leur diocèses.

Stéphanie meurt le 5 janvier 1903. Le 11 janvier, quelques jours après l’inhumation de sa mère au cimetière Montparnasse, Jeanne, en pleine détresse, rencontre l’abbé Guillaume Pondroux. Il ne cessera désormais de l’aider spirituellement. Jeanne sent qu’il est temps de se séparer de l’oeuvre de sa vie. Elle a encore la force d’aller à Rome et d’y trouver une Congrégation qui prendrait en main le destin de son oeuvre. Ce sont les Franciscaines Missionnaires de Marie. Elles géreront l’oeuvre jusqu’en 1922. Le 29 septembre 1906, il faut confier Jeanne aux soins des religieuses de Saint Joseph de Cluny, qui tenaient l’asile d’aliénés d’Alençon. Elle y restera jusqu’à sa mort, le 28 avril 1934, soit presque 28 ans après son entrée, n’ayant pratiquement jamais retrouvé la raison.

En 1922, le Pape Pie XI déclare "pontificale" l’Oeuvre de Saint-Pierre-Apôtre et favorise son développement dans tous les pays. Aujourd’hui, l’Oeuvre de Saint Pierre-Apôtre est implantée, comme l’Oeuvre pontificale de la propagation de la foi, dans 150 pays.

L’appel à l’aide qui a suscité la naissance de l’Œuvre de Saint-Pierre-Apôtre.

«Notre séminaire compte actuellement plus de 50 élèves…malgré tous nos efforts et nos économies, vous comprendrez facilement que ces 50 bouches pèsent sur notre maigre budget. A l’ouverture de la présente année scolaire, j’avais annoncé que nous pourrions accueillir 12 nouveaux étudiants, deux par districts. Eh bien, une communauté à elle seule en a présenté 15, qui tous s’étaient préparés depuis une année pour passer l’examen d’admission. Nous avons été obligés de renvoyer ces jeunes dans leurs familles. Ils auraient certainement pu être d’excellents séminaristes et, plus tard, qui sait, de bons prêtres. Et leur vocation est abandonnée pour toujours, étant donné qu’il n’y aura pas de nouvelles admissions avant quatre ans. Mois je suis au Japon et la France est bien loin! Parlez du séminaire de Nagasaki aux amis du bon Dieu et, sans l’ombre d’un doute, c’est Lui qui fera à quelques-uns la grâce de donner un prêtre à la sainte Église à coût de généreux sacrifices…»

Lettre de Mgr Cousin, vicaire apostolique au Japon, à Jeanne et Stéphanie Bigard

Conception web Chalifour